« Le mensonge et la crédulité s'accouplent

et engendrent l'opinion » 

- Paul Valéry -

Cette page regroupe les déclarations, opinions, propositions de responsables politiques, associatifs, de citoyens sur toutes les questions se rapportant à l'exercice de la démocratie et au nécessaire réveil de la citoyenneté active.

La démocratie participative sur un terrain glissant.

Conseils de développement remis en cause, suppression d’un grand nombre de commissions nationales consultatives, évaluation des services publics et administrations par un simple clic…

Autant de menaces qui vont à l’encontre du discours du Président de la République qui entend remettre les citoyens au cœur de la politique.

 « Faire disparaitre les conseils de développement de la loi briserait cet élan et constituerait un retour en arrière en matière de mobilisation citoyenne. C’est un signal très négatif » considère la Coordination nationale des Conseils de développement.

Dans le même temps, le Gouvernement met en place des supports numériques permettant aux usagers de faire part de leurs observations dans la perspective d’améliorer le service rendu :voxusagers.gouv.fr ou monavis.numerique.gouv.fr.

La méthode « tripadvisor.com » est-elle transposable à des sujets qui engagent notre vie démocratique ?

Pour surmonter le pessimisme collectif qui affecte aujourd’hui notre vivre ensemble, au risque de voir le populisme s’installer durablement dans notre pays ?

22 octobre 2019

Grand débat- Les petits pas de la démocratie participative à l’issue du « Grand débat »

Malgré quelques avancées, la démocratie participative n’en sort pas renforcée.

Référendum d’initiative partagée plutôt que Référendum d’initiative citoyenne, participation de citoyens tirés au sort pour participer aux travaux du Conseil économique, social et environnemental, introduction d’une dose de proportionnelle au parlement, autant de propositions qui vont dans le bon sens.

Toutefois, il semblerait que le Président de la République n’ait pas tiré toutes les leçons de l’exigence des citoyens d’être entendus entre deux consultations électorales à tous les niveaux de l’organisation territoriale. 

Encore faudrait-il cesser d’opposer démocratie représentative et démocratie participative, alors qu’elles sont complémentaires !

Il est urgent de reconnaître aux citoyens une compétence à intervenir dans la prise des décisions publiques et le contrôle de leur application et qu’enfin, les Conseils consultatifs soient ouverts à tous, sans cooptation. 


En l’absence de tels espaces de concertation entre élus et citoyens, c’est la société toute entière qui se trouve pénalisée dans ce qu’elle a d’essentiel, la qualité du vivre ensemble. C’est quand les personnes sont concertées en amont d’un projet, qu’elles se sentent concernées et se l’approprient. La concertation est le passage incontournable pour restaurer la confiance des citoyens dans la chose publique et à l’égard de leurs élus. 
Pour Rendez Vous Citoyen, la démocratie réellement participative ne saurait s’accommoder de ce que trop souvent on appelle « démocratie de proximité », simples consultations sans règles de jeu claires, frustrantes, décevantes. 
 

Tels, les Comités de quartier qui dans un grand nombre de petites communes, sont des exutoires faciles pour éviter d’impliquer réellement leurs administrés.

Les faux-semblants ont encore de beaux jours devant eux.

10 mai 2019

Démocratie participative – Lu dans la presse

"Les collectivités l’ont bien compris : on ne peut plus gouverner de manière verticale, du haut vers le bas. Première étape pour y remédier : la participation des citoyens à la décision publique. Depuis une dizaine d’années – plus pour certains territoires – les outils de démocratie participative (principalement la consultation, la concertation et la co-construction) sont intégrés dans les process décisionnels locaux. » La Gazette  8 Avril 2019.

Le « Grand débat »

Contribution de Rendez Vous Citoyen

 

Dans le débat proposé aux français, une question majeure en constitue la clef de voûte : la démocratie participative

Elle doit désormais être au cœur des réformes à entreprendre, qu’elles soient sociales, fiscales, environnementales, économiques ou concernant les institutions de la République, les services publics, les collectivités territoriales.

La mise en œuvre de la démocratie participative conditionne la réussite des mesures gouvernementales à prendre. Les citoyens, aujourd’hui réduits à s’exprimer une fois tous les cinq ou six ans, ne veulent plus de gouvernance verticale.

L’absence de réforme dans ce domaine durant plusieurs décennies a creusé le fossé entre élus et citoyens jusqu’à l’incompréhension, la défiance et les manifestations de rue.

Compte tenu de cet important enjeu, le « Grand débat » ne doit pas être une concertation prétexte au risque d’entretenir une frustration collective lourde de conséquences.

Tout reste à faire, notamment dans l’ensemble des collectivités territoriales, échelons de proximité, essentiels pour tout renouveau démocratique.

Réduire le rôle des citoyens à la désignation périodique de leurs représentants, cela ne suffit pas et cela ne marche plus.

Jusqu’à présent, les gouvernements successifs se sont limités à évoquer les grands principes d’une participation citoyenne sans en fixer des règles claires.

Dès lors, réduites à de simples consultations, elles sont décevantes, décourageantes pour ceux qui y prennent part.

En conséquence, les pratiques participatives à mettre en place doivent s’articuler autour des principes suivants :

Consultation, concertation, co-élaboration.

  • Considérer l’ensemble des citoyens comme des partenaires, aux côtés des représentants élus et non plus comme des objets de la démocratie.

  • Renforcer leur pouvoir d’agir, en reconnaissant leurs compétences pour intervenir dans l’élaboration des décisions et le contrôle de leur application.

  •  Leur permettre de mieux appréhender les enjeux de l’action publique en s’appropriant les projets, d’en mesurer les contraintes, les solutions et leurs coûts. Faire vivre la notion d’intérêt général.

Autant de passages obligés pour restaurer la confiance dans l’action publique.

Démocratie participative et démocratie représentative sont complémentaires et ne doivent pas être opposées. Les élus ont un rôle essentiel dans la réussite de cette démarche.

Il est regrettable de constater que certaines collectivités locales n’hésitent pas à se réclamer de la démocratie participative en affirmant que leurs administrés sont "partie prenante de ce qui se décide dans la commune ". Dans la réalité, la participation citoyenne proposée se trouve réduite à l’information concernant de projets déjà décidés ou sur des sujets à caractère évènementiel.

Des faux semblants qui éloignent un peu plus chaque jour les citoyens de leurs représentants. D’où l’urgence de prendre des règles claires en matière de participation citoyenne.

Des propositions relatives à la participation citoyenne dans la prise de décision : consultation, concertation, co-construction.

Ø  Rendre obligatoire les Conseils participatifs en amont de toutes les décisions et de tous les projets structurants concernant les régions, départements, EPCI, communes.

Les citoyens ne veulent plus de concertation alibi où tout est décidé à l’avance, de ces faux semblants participatifs.

Des Conseils participatifs ouverts à toutes et tous dont les membres ne seront pas cooptés.

Certaines collectivités s’y sont engagées telles Saillans, Kingersheim, Grenoble, Rennes etc…

 

Ø  Améliorer l’accès aux documents administratifs et aux données publiques.

 

Ø  Les consultations numériques peuvent contribuer à la démocratie participative, mais en aucun cas, ne doivent s’y substituer. Le débat reste essentiel.

 

Ø  Dans chaque bassin de vie, créer des maisons de la citoyenneté, dédiées aux pratiques démocratiques. Lieux de rencontres et de débats, d’information, d’accueil et de solidarité, d’organisation de réunions et d’apprentissage du vivre ensemble.

 

Ø  Développer l’apprentissage des principes républicains dans les établissements scolaires. Approfondir les notions d’intérêt général et le rôle des principales institutions de la République.

 

Ø  Revoir les conditions de la mise en œuvre du référendum d’initiative partagée.

 

Ø  Faire vivre les contre- pouvoirs, notamment le dialogue social quasi inexistant.

Des propositions relatives à la réforme de l’Etat et des services publics.

 

Ø  Fixer des priorités et des objectifs prenant en compte la réalité sociale et économique de notre pays telles que la vivent nos concitoyens.

 

Ø  Rendre obligatoire l’évaluation des politiques publiques.

 

Ø  Procéder à un bilan des trois Fonctions publiques en prenant en compte les évolutions de la société.

 

Ø  Ouvrir le chantier de la redéfinition du rôle du Sénat.

 

Ø  Introduire une dose de proportionnelle pour les élections au suffrage universel direct.

 

Ø  Réduire le nombre de parlementaires.

 

Ø  Maintien de la loi sur le cumul des mandats.

 

Ø  Prendre en compte le vote blanc lors de toute consultation électorale.

 

Ø  Introduire une dose de proportionnelle pour l’élection des député-e-s.

 

Ø  Réorganiser le maillage communal. Inciter les communes à se regrouper.

 

Ø  Réduire le nombre de collectivités territoriales, millefeuille institutionnel enchevêtré, illisible et couteux.

 

Ø  Accélérer la mutualisation des services entre les EPCI et leurs communes membres.

 

Ø  Développer la mise en place des MSAP (Maisons des services au public) notamment en milieu rural en leur donnant les moyens de leurs missions.

 

Ø  Externaliser les services des collectivités susceptibles de l’être, tel l’entretien des espaces verts…

 

Ø  Elire les membres des intercommunalités au suffrage universel direct.

 

Ø  Supprimer les Conseils économiques et sociaux régionaux (CESR)

 

Ø  Evaluer les missions confiées aux autorités administratives indépendantes. Procéder à des suppressions si nécessaire ou confier leurs missions à des institutions ou à des services publics existants.

06 février 2019

Les « gilets jaunes » Réduire le rôle des citoyens à la désignation périodique de leurs représentants, cela ne suffit plus, cela ne marche plus.

Lettre au Président de la République :

 « Pour réenchanter la société, le pouvoir doit être animé par l’ambition d’encourager, d’alimenter la capacité à faire des citoyens.

…nous le sentons bien : plus que jamais, le pays a besoin de la mobilisation et de l’énergie de tous et de chacun

… le pays ne peut se passer des capacités créatives, inventives, entreprenantes de citoyens engagés et invités à agir au service de l’intérêt général

… c’est en associant les usagers aux politiques qui les concernent, en donnant la parole aux personnes habituellement absentes du débat public, en partageant entre élus et forces vives en coopérant plus qu’en imposant, en écoutant plus qu’en affirmant, que nous redonnerons patiemment, sereinement cette noblesse qu’elle mérite à la représentation politique ; »

Les propos ci-dessus de Michel Dinet, ardent défenseur de la participation citoyenne, faute d’avoir été entendus interpellent aujourd’hui, une nouvelle fois, de façon urgente tous ceux qui considèrent que les manifestations des « gilets jaunes » sont révélatrices de la dégradation de notre démocratie :

·         affaiblissement des partis politiques et des contre- pouvoirs,

·         défiance grandissante des citoyens vis à vis de leurs élus,

·         remise en cause de la légitimité à gouverner du Président de la République dix-huit mois après son élection,

·         perte de sens de la notion d’intérêt général,

·         progression des partis d’extrême droite en Europe  …

Dans un tel contexte, la montée préoccupante du populisme fait peser la menace d’un vote extrême lors des prochaines consultations électorales dans notre pays.

Réduire le rôle des citoyens à la désignation périodique de leurs représentants, cela ne suffit plus, cela ne marche plus.

A la veille d’un troisième Samedi de manifestations des « gilets jaunes », le collectif Rendez-Vous Citoyen considère qu’il est temps de mettre en place à tous les niveaux de l’organisation territoriale, les dispositions nécessaires permettant aux citoyens de coconstruire réellement, avec les élu-e-s, les décisions qui les concernent.

Donner force et vigueur à la démocratie participative, c’est permettre à l’ensemble des citoyens de mieux partager les enjeux et les contraintes liées aux décisions à prendre et d’approfondir le sens à donner à la notion d’intérêt général confrontée à la multiplication des intérêts particuliers.

Donner force et vigueur à la démocratie participative, c’est aussi permettre aux citoyens de prendre du recul vis à vis de l’envahissante sélectivité des images et des commentaires relayées par les médias et autres réseaux sociaux.

Le temps des interrogations n’est plus de mise. Au risque de voir se répéter des manifestations de rue spontanées, violentes.

08 décembre 2018

« Le maire est-il une espèce menacée ? » « Le moral des maires en berne » « A quoi servent les maires ? »

Depuis la création des intercommunalités, les articles de presse consacrés à l’échelon municipal se multiplient et ne cessent d’interpeler les citoyens.

Les difficultés financières des communes, les problèmes juridiques et les tensions avec le plus haut niveau de l’Etat auraient pour conséquence, une hausse du nombre de maires démissionnaires en cours de mandat. 

Si l’effort financier demandé par l’Etat aux collectivités est bien réel, il ne saurait à lui seul expliquer le renoncement de tous ces édiles à poursuivre leur mandat jusqu’à l’échéance prévue.

Il n’est pas inutile de rappeler que le niveau intercommunal exerce aujourd’hui la plupart des compétences dévolues aux communes. De nombreux observateurs des collectivités locales n’hésitent pas à considérer ces dernières comme des" coquilles vides ». Tel René Dosière qui en 2012, dans l’une de ses publications « «L‘Etat au régime » n’hésite pas à se prononcer dans ce sens " D’ores et déjà, plusieurs dizaines de milliers de communes ne sont plus en sorte que des coquilles vides. »

Sur le plan budgétaire, les dépenses engendrées par ce nouveau niveau intercommunal d’administration locale n’ont pas pour autant contribué à la diminution des dépenses des communes comme les citoyens l’attendaient.

 

Au delà de l’aspect financier de la gestion communale susceptible d’être le grand responsable du désamour des maires, ne perdons pas de vue le nombre impressionnant de niveaux de notre architecture administrative qui ,depuis 1969 font l’objet de projets et propositions de lois donnant lieu à des débats sans fin sans jamais trouver d’issue.

 En 1995, Alain Juppé Premier ministre évoque cette incapacité de réformer notre pays et d’adapter ses structures administratives aux évolutions de la société : « La France est le seul grand pays de l’Union européenne à compter autant de niveaux d’administration… Il y a là un facteur de complication croissante et de coûts considérables. N’est-il pas nécessaire de simplifier ? » 

50 ans après, on ne simplifie toujours pas. On rajoute complexité, opacité et dépenses supplémentaires. Dans ces conditions, les citoyens ont du mal à s’y retrouver et désertent de plus en plus massivement les bureaux de vote.

NDLR

24 août 2018

Le dialogue social avenir de la SNCF.

Non la recherche d’un compromis n’est pas synonyme de compromission. Témoignage.

Décidemment notre pays se complet à perpétuer de très mauvaises habitudes lorsqu’il s’agit de réaliser des changements ou des réformes qui devraient permettre d’indispensables progrès au plan social et économique.

 

Ainsi, les dernières propositions gouvernementales concernant la modernisation de la SNCF ou bien encore celles concernant l’accès des étudiants aux différentes universités montrent que le monde politique ne modifie en rien ses stratégies de concertation à minima à l’égard des partenaires sociaux. Au contraire elles enferment l’ensemble des interlocuteurs dans une contrainte temps tellement rigide que toute perspective d’adhésion devient impossible.

 

Dans ces conditions l’objectif du pouvoir n’est pas de convaincre, d’expliquer, et à terme de faire admettre les transformations à appliquer en préservant l’essentiel, mais d’obliger le partenaire à vivre la relation dans un rapport de forces qui le conduira fatalement à perdre la face et donc la bataille. Il devient donc illusoire d’espérer une issue basée sur un compromis intégrant dans le résultat des perspectives partagées voire consensuelles.

 

Et pourtant, en 1988 et 1989 les responsables gouvernementaux, mettent en place des conditions favorables aux négociations, pour envisager un changement de statut et d’organisation concernant les PTT. Et c’est grâce aux qualités exceptionnelles d’Hubert Prévot, qui veilla en permanence au bon déroulement des discussions que les partenaires syndicaux ont pu, non seulement participer aux différents dispositifs organisationnels proposés par une médiation loyale et efficace mais faire valoir des revendications essentielles et obtenir satisfaction pour bon nombre d’entre elles.

Le résultat de cette stratégie a donné lieu à une loi sur les PTT, adoptée à l’automne 1989. Les PTT, qui étaient une administration, ont été transformés en deux établissements publics industriels et commerciaux : La Poste d’un côté, les Télécoms de l’autre, au 1er janvier 90 avec simultanément une réforme des classifications du personnel.

 

Un tel résultat aurait dû inspirer la gouvernance actuelle. Il n’en est rien. Pourtant l’enjeu national des différentes réformes souhaitées aurait, à lui seul, mérité plus de soin dans la préparation et écarté ainsi définitivement les stratégies du rapport de forces.

 

Un militant syndical réaliste.

23 avril 2018

Sur BFM TV Interview du Président de la République par le duo J_J Bourdin- E- Pleynel.

« S’agissait-il d’une interview ou d’un débat voire d’un affrontement ? Peu audible tant sur le fond que sur la forme, le téléspectateur s’est vu infliger une caricature d’un genre qui à n’en pas douter, dessert l’Information.

Peu importe les attentes des citoyens présents lors de ce rendez-vous, leurs questions, leurs inquiétudes confrontés à de grands changements dans leur vie de tous les jours. La préoccupation des deux journalistes était ailleurs.

Au final, ce 15 avril, une émission spectacle qui ne grandit pas l’expression de la démocratie et prend le risque de conforter le populisme rampant. »

 

Témoignage de Julien 

19 avril 2018

Environnement « Face à la pollution, nous vivons dans le déni »

Yann Arthus- Bertrand a réagi à l’annulation de la fermeture par le Tribunal administratif de Paris des voies sur berge de la capitale. La municipalité de son côté a fait appel de la décision du tribunal.

"Décidément tout le monde n'est pas prêt pour "Make Paris Great Again"... ": c'est par ce message sur Twitter que Yann Arthus-Bertrand a réagi hier à l'annonce du tribunal administratif d'annuler la fermeture des berges à la circulation."

Qu'avez-vous pensé hier après-midi en apprenant la décision du tribunal administratif?

"Je me suis dit que c'était un retour en arrière, et que des bagarres politiques ne devaient pas gâcher la vie des citoyens. La réalité est qu'il y a trop de voitures à Paris, et que les villes sont étouffées par ces véhicules. Paris se meurt de la voiture."

Pourquoi estimez-vous qu'il s'agit d'un retour en arrière ?

"Face à la pollution de l'air, on vit dans le déni : quand on voit le nombre de morts qu'elle provoque dans le monde et en France, c'est notre rôle, en tant que citoyens, de réagir. Le confort n'est pas de continuer à vivre dans des villes polluées."

Votre espoir ?

"Pour les berges de Seine, j'espère que le bon sens prévaudra ! "

 

https://www.paris.fr/actualites/face-a-la-pollution-nous-vivons-dans-le-deni-5561

01 mars 2018

Mieux associer les citoyens à la vie publique : ne plus se contenter de faux semblants.

Les initiatives de consultation numérique des citoyens se multiplient :

  • Grand forum de l’action publique ouvert aux agents et usagers des services publics,

  • Consultation sur l’apprentissage et la formation professionnelle,

  • Lancement des états-généraux sur la bioéthique,

  • Projet d’associer les citoyens à l’évaluation des politiques publiques, etc…

La démarche est ambitieuse, toutefois elle laisse perplexe quant aux catégories de population susceptibles de se sentir concernées en raison de la technicité des sujets en débat, faisant appel à des connaissances souvent très pointues. Il est vraisemblable que de telles consultations resteront confisquées par une majorité de « sachants » et experts, laissant sur le bord du chemin les populations peu impliquées sur les questions de la vie publique, préférant s’abstenir les jours d’élection.

En conséquence, je considère que la mise en pratique des valeurs de la démocratie participative, la restauration de la confiance dans la vie publique, le rapprochement des élus et des citoyens doivent privilégier le renforcement du pouvoir d’agir de tous les citoyens sans exception.

 A ce titre les communes et les intercommunalités ont un rôle majeur à jouer.

Alors que la loi du 2 mars 1982 relative aux droits et libertés des communes, des départements et des régions proclamait «…Des lois détermineront le développement de la participation des citoyens à la vie locale », il est constaté  que les dispositions participatives, encore aujourd’hui, restent trop largement informelles, insuffisamment institutionnalisées.

A titre d’exemple, les communes de moins de 3.500 habitants totalisant quelques 21 millions d’habitants ne sont concernées par aucun de ces dispositifs.

Cependant, certaines municipalités, prennent des initiatives qui sont loin d’être de simples gadgets, associant effectivement les citoyens à la prise de décision : commissions thématiques, commissions spécifiques pour une action ou un projet, laboratoire d’idées, référendum populaire, suivi et évaluation…   

Et ça marche !

 

Il est urgent d’en finir avec la tenue de conseils municipaux sans débat, sans présentation des enjeux des décisions à prendre, réduits à des  chambres d’enregistrement des décisions prises antérieurement.

En finir avec la mise en place de commissions extra- municipales excluant des domaines essentiels de la gestion municipale (finances-budget, travaux aménagements, urbanisme, éducation…)

En finir avec une communication municipale réduite à sa plus simple expression, privilégiant la forme au détriment du fond.

En finir avec des informations réduites à l’évènementiel.

 

Il est urgent de renforcer, le pouvoir d’agir des citoyens, objectif inscrit dans les attendus des premières lois de décentralisation.

En reconnaissant effectivement leur compétence pour intervenir dans l’élaboration des décisions publiques et le contrôle de leur application, leur permettre de mieux comprendre les enjeux de l’action publique, installer la transparence dans les décisions prises et restaurer ainsi la confiance dans l’exercice de la démocratie.

 

Le Gouvernement va-t-il enfin mettre en place un groupe de travail pour faire des propositions allant dans ce sens ?

 

Régine SAINT-CRIQ

rdv-citoyen@orange.fr

Tél : 06 76 98 92 63

01 février 2018

La renovation de la démocratie en débat

Contribution de la Fondation Jean Jaurès à la consultation initiée par le président de l’Assemblée nationale/

Des ateliers citoyens pour rénover la démocratie »

16 novembre 2017

Les outils numériques génèrent-ils de l'engagement citoyen ?

Le point de vue de Tatiana de Feraudy chercheure à l’Institut du développement durable et des relations internationales.

…« Pour engager les citoyens sur le long terme, cela nécessite une volonté politique de leur donner une place et d’avoir réfléchi sur les moyens de les mobiliser. Ce n’est pas l’outil numérique seul qui va créer de l’intérêt."

16 novembre 2017

Démocratie participative. Contribution de Régine Saint-Criq à la consultation citoyenne lancée par le président de l’Assemblée nationale.

Renforcer la participation des citoyens à l’élaboration et à l’application de la loi est une initiative intéressante et ambitieuse. Notamment lorsque viennent en débat les questions sur les grands problèmes de société ou celles concernant les réformes structurelles nécessaires à notre pays.

Toutefois, on doit s’interroger sur la population qui se sentira concernée en raison de la technicité des questions abordées.

Cette initiative de consultation intervient à un moment où la perte de confiance des citoyens dans l’action publique n’est plus à démontrer, la défiance à l’égard des élus semblant s’installer durablement, entraînant abstention les jours de vote et refuge dans le populisme et le vote extrême.

Pour toutes ces raisons, la consultation citoyenne proposée ne doit pas se limiter à l’élaboration de la loi et à son application mais aussi aux échelons de proximité, chers à nos élus territoriaux.

A ce titre, les communes et les intercommunalités, ont un rôle majeur à jouer.

Certaines collectivités ont su de leur propre initiative mettre en place de telles pratiques, définir des règles participatives qui sont loin d’être de simples gadgets pour associer les citoyens à la prise de décision sur tous les sujets de la vie municipale et intercommunale.

Inspirons nous de leur exemple. Le non agir ne peut perdurer sans courir le risque de fragiliser encore davantage le lien social.

Jusqu’ici, malgré la pléthore de rapports publiés au cours des dernières décennies, les gouvernements successifs se sont limités à poser les grands principes d’une démocratie participative sans en fixer les modalités d’application sauf à minima.

Bien que la participation des citoyens aux décisions locales ait été amorcée au début des années 1990, beaucoup reste à faire.

Renforcer le pouvoir d’agir des citoyens, c’est reconnaître leur compétence pour intervenir dans l’élaboration des décisions publiques et le contrôle de leur application, leur permettre de mieux comprendre les enjeux de l’action publique, installer la transparence dans les décisions prises et restaurer ainsi la confiance dans l’exercice de la démocratie

C’est aussi conjuguer démocratie représentative et démocratie participative pour parvenir à une action publique co construite et mieux partagée.

 

https://consultation.democratie-numerique.assemblee-nationale.fr/

27 octobre 2017

La démocratie participative vue de Montréal.

« La concertation, une véritable ressource pour la décision publique » selon Benoît Dorais, maire d’arrondissement….

 

«  …il faut voir la concertation comme une véritable ressource pour la décision publique. Parmi ses avantages, il y a l’amélioration de la décision mais aussi l’appropriation du projet par les habitants concernés. Quand les personnes sont concertées en amont d’un projet, elles se sentent concernées par celui-ci et se l’approprient. D’ailleurs une fois le projet réalisé, cette appropriation conduit aussi à une baisse de dégradation des équipements publics s’y référant.

La concertation a aussi ses inconvénients. Elle allonge notamment les délais de décisions. Mais cet inconvénient doit être perçu comme un avantage de prendre le temps de la réflexion surtout dans une société qui veut toujours aller plus vite et qui privilégie trop souvent l’instantanéité.

Toute concertation réussie doit donner lieu à une publication des contributions des habitants, gage de crédibilité. Elle peut d’ailleurs être accompagnée d’une explication de l’exécutif quant à ses décisions, qu’elles correspondent ou non aux contributions."

Extraits de l’interview publiée le 11/09/2017 La Gazette.

« Toute démarche politique doit passer par l’exemplarité »

Auteur de la publication « Et si on prenait – enfin – les électeurs au sérieux », Jo Spiegel, maire de Kingersheim ( Haut Rhin )

 considère que la loi rétablissant la confiance dans l’action publique est un premier pas vers un rapprochement entre élus et citoyens.

 Que pense-t-il de l’interdiction des emplois familiaux dans les collectivités locales?

« Dans ma commune, nous tirons au sort chaque été les jeunes que nous embauchons pour remplacer les agents partis en vacances. Ils sont souvent accompagnés par leurs parents, ce qui montre le poids symbolique dans les familles d’un emploi à la mairie.

Il est donc essentiel que ces postes soient attribués sur des critères objectifs et transparents. En tirant au sort les candidats, nous rompons l’entre-soi entre élus, et nous impliquons les citoyens dans les prises de décision.

L’interdiction des collaborateurs familiaux va évidemment dans le bon sens et pourrait permettre de réinsuffler de la confiance, souvent défaillante, dans les relations entre élus locaux et habitants.

Toute démarche politique doit passer par l’exemplarité. Le fossé grandissant entre élus locaux et citoyens s’explique aussi par ces passe-droits que s’accordent certains »

Et la suppression de la réserve parlementaire ?

« La réserve parlementaire était souvent l’objet d’un saupoudrage électoral, sans véritable logique d’intérêt général. L’usage de ces fonds doit être décidé par l’intermédiaire d’un jury citoyen tiré au sort. C’est d’abord une façon d’impliquer les citoyens et de rappeler aux élus, locaux comme nationaux, qu’ils ne sont pas propriétaires de l’argent public.

C’est tout autant l’occasion de sélectionner des projets qui seront utiles aux territoires et de donner du sens au vote des citoyens. On ne peut plus dire aux Français de venir voter une fois tous les cinq et six ans, pour les législatives et les municipales, sans rendre compte de son action entre deux élections. » 

Extrait La Gazette 13-7-2017

Réinventer la démocratie

Telle est bien l’une des conclusions à tirer des dernières consultations électorales.

57,4 des électeurs du deuxième tour des élections législatives ne sont pas allés voter, en augmentation de 13,7% depuis 2012 pour le même type de scrutin.

A ce score préoccupant, il convient de rajouter  le bond spectaculaire du vote blanc et nul qui représente 9,9% des votes du second tour.

Le taux d’abstention pour ce même type d’élection qui était  de 18,2% en 1973, ne cesse de se dégrader depuis, exprimant  scrutin après scrutin l’extrême défiance des citoyens à l’égard de leurs institutions, de leurs représentants, des hommes et des femmes politiques. 

Plus que jamais il est urgent de réinventer la démocratie, les citoyens devenant des acteurs  dans  cette  démarche.

Plus que jamais il est urgent de mettre en place de nouveaux dispositifs participatifs aux cotés de la démocratie représentative. 

Les récents propos tenus par Benjamin Griveaux  alors porte-parole  d’"En Marche » nous permettent d’espérer que ce chantier sera ouvert par le nouveau gouvernement. " En Marche n’est pas responsable de l’abstention. Mais il faut faire revenir les gens à la politique et renouer le lien de confiance qui manifestement s’est distendu depuis vingt-cinq ans. »

Les citoyens y sont prêts. Alors En Marche!

 

Régine SAINT-CRIQ – Michèle DUBOUCHET Rendez-vous Citoyen

 

26 juin 2017

Quand les augures médiatiques installent le décor de la gouvernance Macron.

Quel citoyen n’a plus en mémoire la semaine qui a précédé le débat du deuxième tour de la présidentielle Macron – Le Pen, ce sommet de l’information spectacle.

Sur les chaînes d’info en continu, des commentaires décrivent dans le détail et de façon répétitive, les préparatifs de la confrontation des deux candidats, privilégiant la forme sur le fond.

Il est à déplorer qu'un moment aussi important de notre vie démocratique se soit réduit à un affrontement relevant plus de la politique spectacle qu’à une confrontation des différents programmes devant deux animateurs visiblement dépassés par la tournure des débats.

Aujourd’hui encore, au moment de la constitution du gouvernement et dans l'attente de sa publication, certains journalistes impatients, n’hésitent pas à caractériser leur « trop longue attente » par des jugements définitifs tels que «  culture du secret », de « com scénarisée, cadenassée » et de « communication ultra verrouillée de l’Elysée ».

Ailleurs le ministre de la transition écologique et solidaire n’est pas épargné : « Nicolas Hulot serait en transit » à la tête de son ministère.

D’autres préparent l’opinion vers d’hypothétiques jours de « galère » : « A quand les prochaines grèves massives ? »

Autant de comportements mortifères pour notre démocratie, révélateurs d’une dérive qui contribue à éloigner les citoyens de la compréhension des véritables enjeux pour leur vie de tous les jours, contribuant ainsi à renforcer les idées populistes.

Dès lors, l’urgence ne serait-elle pas de restaurer l’esprit critique en donnant toute sa place à l’instruction civique dans les programmes scolaires et en mettant en place des comités de citoyens dans chaque institution où des décisions structurantes pour notre vie sociale sont prises, notamment dans les collectivités territoriales ?

L’urgence ne serait-elle pas de rassembler, créer du lien social et des représentations collectives partagées qui nous font cruellement défaut.

 

Régine Saint-Criq et Michèle Dubouchet « Rendez-vous citoyen »

20/03/2017

Cumul des mandats.

"Il est impossible aujourd’hui d’être un bon parlementaire et président de métropole, de région, de département ou maire de grande ville » 

Jean Jacques Hyest, membre du Conseil constitutionnel s’exprimant le 8 mars 2017 devant les élèves administrateurs territoriaux

Source: La Gazette 20 mars 2017

20/03/2017

Le fourmillement des initiatives citoyennes.

"Nous observons aujourd’hui un fourmillement d’initiatives citoyennes qui s’inscrivent dans des cadres pluriels, en relation ou non avec la puissance publique avec des formes collaboratives ou plus traditionnelles.

Mais surtout, nous voyons apparaître de nouveaux outils numériques permettant de faciliter les représentations dans l’espace et le temps des personnes en quête de coconstruction de leurs lieux de vie. 

Axel Othelet  sociologue, directeur de Citoyens et territoires - Grand Est

26/02/2017

Propositions pour une réforme territoriale d'avenir

Dans une note à la Fondation Jean Jaurès, Estelle Grelier secrétaire d’Etat chargée des collectivités locales, fait des propositions

sur ce que pourraient être les prochaines étapes de la réforme territoriale engagée autour de cinq grands objectifs:

  • Renouveler le cadre du dialogue entre les collectivités et l’État.

  • Conforter le renforcement des régions.

  • Transformer le conseil départemental.

  • Parachever le mouvement intercommunal.

  • Associer les habitants.

Focus sur l’intégralité des propositions concernant « Associer les habitants »

Favoriser le débat local.

  • Prévoir l’instauration, dans les séances des assemblées délibérantes, de séances régulières ou au début de chaque conseil municipal de questions orales d’actualité.

  • Rendre obligatoire l’inscription à l’ordre du jour de l’assemblée délibérante d’un sujet lorsqu’une pétition réunissant 5 % des habitants le soutient.

  • Rendre obligatoire le référendum local décisionnaire sur les projets d’une certaine taille, une des clefs du réinvestissement citoyen.

  • Revoir le fonctionnement des conseils permanents d’association des citoyens, à la fois pour en améliorer le fonctionnement et en limiter le nombre.

  • Renforcer les moyens des conseils de développement dans les intercommunalités, à l’instar des Conseils économiques et sociaux régionaux (CESER).

Favoriser le développement de nouvelles formes de participation des citoyens à la décision publique, par l’exploitation de pratiques existantes mais encore trop peu mises en œuvre.

  • Mettre en place des outils nécessaires à la réussite de la concertation : ateliers de travail, création collective, visite d’espaces publics avec les participants à la concertation…) ; retour auprès des citoyens pour témoigner de ce qui a été fait suite à leur participation à la réflexion collective.

  • Organiser une véritable animation professionnelle (ingénierie du débat public), qui devrait conduire de nombreuses collectivités à se doter de telles compétences dans leurs services.

Développer les budgets participatifs en confiant la décision d’engager certaines dépenses publiques aux citoyens et en les rendant obligatoires dans les collectivités les plus importantes.

  • Soumettre les propositions à trois critères : satisfaire un motif d’intérêt général ; entrer dans le champ de compétence de la collectivité ; représenter une dépense d’investissement sans générer de dépense de fonctionnement manifestement disproportionnée.

  • Prévoir une déclinaison du budget participatif à deux échelles : communale et intercommunale.

Accompagner l’ouverture des données publiques locales, source d’innovation citoyenne et démocratique, support de créations d’activités économiques, impulsion de nouvelles pratiques politiques.

  • Définir un socle commun de données à publier de manière prioritaire et mettre à disposition des collectivités des outils pour faciliter l’extraction et la publication standardisée des données.

  • Développer un référentiel pédagogique national adapté à la formation de l’ensemble des acteurs impliqués dans l’open data des collectivités et créer un label open data, délivré par l’État, pour les organismes de formation actifs dans ce domaine.

Capitaliser et diffuser les retours de terrain de l’expérimentation soutenue par l’État, se déroulant sur l’année 2017 dans neuf territoires-pilotes, visant à observer les meilleurs pratiques en matière d’ouverture des données, d’animation territoriale, d’outils pédagogiques et de réutilisation des données publiées. https://jean-jaures.org/nos-productions

En savoir plus: /territoires-d-avenir-avenir-des-territoires

09/01/2017

Barack Obama invite les Américains à s’engager.

Dans son discours d’adieu le président sortant a évoqué le 10 janvier 2017 à Chicago, l’état de la démocratie américaine. 

« Notre démocratie est menacée chaque fois que nous la considérons comme acquise », a-t-il averti.« Si vous en avez assez de parler à des inconnus sur Internet, essayez de parler à quelqu’un dans la vie réelle. Si quelque chose a besoin d’être remis en état, lacez vos chaussures et tentez d’organiser les gens autour de vous. Si vous êtes déçu par vos élus, achetez un cahier, rassemblez des signatures et présentez-vous à la prochaine élection. Montrez-vous. Jetez-vous à l’eau. Persévérez. Parfois vous gagnerez. Parfois vous perdrez. » Au tout début de son discours, M. Obama avait confié que « c’est [à Chicago] que j’ai appris que le changement ne survient que lorsque les gens ordinaires s’impliquent, s’engagent et s’unissent pour l’exiger. Après avoir été votre président pendant huit ans, je continue à le croire ».

Appels à la mobilisation citoyenne dans le milieu médical

« Les membres du CCNE appartiennent à une élite intellectuelle. Une élite très pertinente mais qui manque sans doute un peu de l’avis du citoyen. »

Immunologiste, directeur de l’Institut de microbiologie et des maladies infectieuses à l’Inserm, Jean – François Delfraissy nommé le 14 décembre 2016 président du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE) a déclaré qu’il lui tient à cœur que les citoyens soient représentés dans cette instance.
 (Journal Le Monde Science et Médecine du 21 décembre 2016.)

« La recherche contre le cancer ne doit plus se faire sans les citoyens… Une transition rapide doit se faire pour que le citoyen passe du statut d’objet de recherche à celui de partenaire de recherche »

Extrait de la Tribune du docteur Fabien Reyal chirurgien, chef de service spécialiste du cancer du sein à l’institut Curie.

( Journal Le Monde Science et Médecine du 7 décembre 2016.)

L'ouverture des données publiques.

« L’open data rapproche l’action publique des citoyens » a estimé Estelle Grelier, secrétaire d’Etat aux collectivités territoriales lors de la remise le 17 novembre 2016 des 1er Trophées de l’Open data des territoires…

 

Tous les observatoires citoyens témoignent d’un besoin de transparence. Et l’adhésion des citoyens aux politiques publiques sera d’autant plus forte qu’ils auront le sentiment que les données leur sont confiées en transparence. Je fais partie de cette génération d’élu(e)s qui considère que ce n’est pas en retenant l’information qu’on crée de la valeur ajoutée collective. C’est quand chacun est au même niveau d’information qu’on arrive à recréer une dynamique de groupe et une adhésion au projet collectif."

Le Pape et la « théorie du genre. »

Lundi 3 Octobre 2016 sur France Inter Najat Vallaud-Belkacem ministre de l’Education Nationale a répondu aux graves accusations du Pape sur la prétendue "Théorie du Genre".

- "Je regrette les paroles légères et infondées du Pape, je l'invite à venir rencontrer les enseignants et voir les manuels".

Selon la ministre, dans les programmes français, "on parle de la nécessité de ne pas hiérarchiser entre un sexe et un autre, de lutter contre les violences faites aux femmes, de lutter contre le sexisme, de lutte contre le harcèlement sexiste qui fait des morts parce qu’aujourd’hui trop de jeunes filles ne savent tellement pas réagir sur ces questions-là qu’elles finissent par porter atteinte à leurs propres jours".

"Sur des sujets aussi sérieux que cela on a donc aujourd’hui des intégristes capables d’embarquer y compris le pape dans leur folie mensongère? Moi ça me met très en colère, honnêtement, ce n’est pas un sujet de plaisanterie »

Twitter >  https://twitter.com/najatvb?lang=fr

Facebook > https://www.facebook.com/najatvb/videos/10154999788902971/

Et retrouvez aussi sur le blog, la vidéo et le texte de son intervention :

> http://po.st/LePape-EgaliteFH

La démocratie et l'empire des médias

passés au crible dans une chronique de Jean Claude Guillebaud «  La démocratie sera-t-elle « dévorée » Lire les extraits…

"… A mesure que s’affaiblissaient le social et le politique, l’hégémonie du médiatique progressait y compris contre le journalisme. Elle gagnait du terrain par métastases, colonisait sans cesse de nouveaux territoires. Ces derniers se voyaient aussitôt soumis à des règles qui, jusqu’alors, leur étaient étrangères.…

… Bouleversement dévastateur des procédures démocratiques traditionnelle, le  médiatique accouche d’une réalité nouvelle qu’on appelle, faute de mieux, « la démocratie d’opinion », celle des sondages, des emballements éphémères, des côtes de popularité…

… Tout se passe comme si le médiatique – y compris à son corps défendant- avait dévoré l’une après l’autre (et remplacé) les institutions en crise, les champs laissés en friche, les fonctions en déshérence: justice, enseignement, politique, culture, économie…

…La liberté des médias qui fut longtemps le principe fondateur de la démocratie, serait-elle en train de devenir son principe destructeur? »

 

TELEOBS: N° 2706 du 17 au 23 septembre 2016

Nos ancêtres les Gaulois

Toujours plus loin dans sa conception de l’identité française Nicolas Sarkozy, s’exprime sur ce sujet dans une réunion publique à Franconville. 

« Dès que vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les Gaulois. »

 

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud Belkacem lui répond.

« Oui, il y a parmi nos ancêtres des Gaulois, il y a aussi des Romains, des Normands, des Celtes, des Burgondes. Et puis, au cas où il l’aurait oublié, avec le temps la France a annexé d’autres territoires. Les Niçois nous ont rejoints, les Corses, les Francs-Comtois, la Guadeloupe, la Martinique et puis après aussi des Arabes, des Italiens, des Espagnols. 

A lire sur ce même sujet  « Nos ancêtres les gaulois et autres fadaises » par François Reynaert Editions Fayard

« …Quand la politique est le reflet de toutes les turpitudes… »

«… Il reste aussi à faire que les citoyens soient mieux associés aux décisions qui les concernent… »

Extraits du discours du président de la République le 8 septembre 2016 à la salle Wagram à Paris.

« Je pense aux consultations locales sur les grands équipements, je pense à la participation dans les grands débats publics, dans des démarches de co-construction législative, ce que nous avons fait pour la République numérique et qui peut sans doute valoir pour d’autres textes, je pense aux jurys citoyens, et aussi aux états généraux sur les grandes questions de société, où les citoyens eux-mêmes peuvent dire ce qu’ils ressentent sur tel ou tel texte, ou même l’améliorer.

 

Il reste aussi beaucoup à faire sur la représentativité de nos Assemblées, pour les ouvrir davantage à la diversité de notre société. Si nous sommes fiers, je le suis, d’avoir limité le cumul des mandats – je vois qu’il y en a qui veulent revenir là-dessus, bel exemple de compréhension des évolutions de la société – moi je veux qu’on aille plus loin encore, en réduisant le cumul des mandats dans le temps, ce qui n’empêcherait pas, bien sûr, à ces élus, de concourir à d’autres scrutins.

 

C’est l’image même de la politique qui est en cause, je le sais. Or l’image de la politique est aussi l’expression de la démocratie, et quand la politique est faible, quand la politique est atteinte, quand la politique est le reflet de toutes les turpitudes, oui, c’est la démocratie qui est en cause, parce que la politique est l’expression même de la démocratie, et on ne peut pas distinguer l’une et l’autre. »

 

Rendez-vous Citoyen considère, en effet, qu’il reste beaucoup à faire pour ne plus voir les décisions publiques « tomber d’en haut » mais pour que les citoyens deviennent partie prenante de leur élaboration.

Aujourd’hui, le débat public est perçu comme un alibi visant trop souvent à légitimer des projets déjà entérinés, suscitant méfiance voire défiance à l’égard de ceux qui les portent.

Pour Rendez-vous Citoyen il ne suffit pas de constater au plus haut niveau de l’Etat que notre pays a besoin de la mobilisation et de l’énergie de tous et de chacun.

 

Encore faut-il prendre les mesures nécessaires afin de renforcer le pouvoir d’agir des citoyens à tous les niveaux de l’organisation territoriale, leur reconnaître une compétence et des droits pour intervenir dans l’élaboration des décisions publiques et le contrôle de leur application.

 

C’est une urgence pour toute celles et ceux qui considèrent qu’il est grand temps de conjuguer démocratie représentative et démocratie participative, levier pour une action publique plus efficace et « faire que l’image de la politique ne soit plus en cause. »

C’est maintenant qu’il faut restaurer l’image de la politique, «  expression même de la démocratie. »

 

Le citoyen et l'autorité de la chose médiatisée.

Dans l'une de ses chroniques Réflexion faite, publiée dans Télé OBS du 17 mars 2016, Jean-Claude Guillebaud revient une nouvelle fois sur l'omniprésence des médias dans notre vie quotidienne.

 

« En matière d'infos, la complexité d'un évènement n'est jamais autre chose qu'une conjecture à réviser sans cesse. Sur le nombre des victimes en Irak ou en Somalie, sur la portée exacte d'une mise en examen, sur l'avancement d'une instruction judiciaire ou sur la situation militaire au Yémen, on ne fait la lumière que par petits bouts, comme on pèle un oignon. Ces à peu près se succédant vertigineusement  - en s'autocorrigeant - ne devraient donc pas être pris au pied de la lettre. L'ennui, c'est que, dans les faits, ils le sont. Chaque hypothèse articulée se trouve investie d'un statut illégitime et bénéficie mécaniquement de ce qu'on pourrait appeler l'autorité de « la chose médiatisée ». Si l'annonce est faite, pense-t-on, c'est qu'elle est vrai. Si on a des images, c'est qu'elles reflètent le réel. Là, tout de suite, dans leur subjectivité, en vrac...

Ainsi, baignons-nous jour après jour dans un flot d'imprécisions que nous confondons avec des vérités.

Mais dira-t-on, les commentaires de presse, les « décryptages », comme on dit maintenant sont quand même là pour inviter à la circonspection...

Pas si sûr. Les commentaires eux aussi sont comme aspirés par cette injonction d'aller vite et ne sauraient attendre cinq secondes. Sollicité en temps réel, le « spécialiste » se voit sommé d'analyser ce qui n'est pas encore véritablement connu. Ainsi perdurent ces malentendus corrupteurs et ces menteries répétées dont en prendra à postériori la vraie mesure. Vingt ans après, si tout va bien...»

"Des doublons inutiles entre les différents échelons administatifs : cantons, départements, communes, communautés de communes..."

Dans un entretien publié dans le Monde du 29 mars 2016, Christophe Dembik, Conseiller municipal et communautaire du pays de Saint-Eloy-les-Mines, économiste chez Saxo banque France, évoque " les doublons inutiles entre les différents échelons administratifs : cantons, départements, communes, communautés de communes...Le véritable problème, au fond, ce n'est pas la baisse des dotations. C'est la carte et le fonctionnement aberrants de nos collectivités, source de gabegies bien plus préoccupantes."

Comment améliorer le système ?

"Poursuivre le regroupement des 36.000 communes et le transfert des compétences aux intercommunalités permettrait de dégager des économies d'échelle conséquentes. A condition que l'on transfère les emplois au lieu de les multiplier, comme c'est trop souvent le cas. La réforme des régions est un premier pas dans la bonne direction. Mais elle est loin de résoudre le fléau des doublons."

Coauteur, en 2013, du manifeste « Faire (re)naître la démocratie, vers un nouvel engagement citoyen », Jo Spiegel, maire (DVG) de Kingersheim, Secrétaire national adjoint de l’Assemblée des communautés de France, milite pour un nouvel âge de la démocratie locale.

« Le drame de toutes ces réformes (territoriales), c’est que l’on pense à la place des gens, que l’on a tendance à faire « pour » quand il faut faire « avec ». On est dans le face-à-face infantilisant quand il faut être dans la coproduction fertile ; on est dans le « tout ou rien » quand il faut construire des compromis dynamiques. La démocratie est une épreuve, car elle aboutit à une décision et donc à des renoncements. La légitimité d’une décision ne vient plus de « qui » prend la décision, mais de « comment » on la prend. Il faut associer tous les acteurs à l’épreuve démocratique. Cela nous renvoie à un temps politique qui ne peut pas se réduire au calendrier électoral. « Nuit debout » est à la fois révélateur du besoin de débat, du refus du « vertical » et de « l’institué », et en recherche d’un avenir. Mais cela sera insuffisant pour changer de paradigme. »

Extrait  reproduit avec l’autorisation de La Gazette http://www.lagazettedescommunes.com/

" Faire confiance aux citoyens pour que la démocratie respire "

La Gazette du 14 mars 2016 publie un article de Christopher JUAN, adjoint au maire de Couffouleux (Tarn) sur un sujet qui revient de plus en plus souvent dans les préoccupations des citoyens mais aussi des élus, toutefois encore insuffisamment nombreux. Nous en publions quelques extraits.

 

" Faisons respirer la démocratie en ouvrant les portes de nos mairies et de nos EPCI...Notre équipe municipale s'efforce d'associer les personnes volontaires à la construction des projets et d'initiatives d'intérêt collectif. Mais solliciter la bonne volonté de " simples " citoyens, parier sur leur envie d'agir n'est qu'une étape dans la conversion de cette démocratie locale en actes que bien des élus souhaiteraient voir apparaître : car notre système politique actuel, héritier d'une longue tradition  centralisatrice et obnubilé par une élection présidentielle qui nie les vrais enjeux, n'est plus adapté..."...

 

En savoir plus ...

Une femme de conviction

Estelle Grelier, députée qui ne pratique pas la langue de bois a été nommée Secrétaire d’Etat chargée des collectivités territoriales lors du remaniement gouvernemental du 11 février 2016.

 

Dans un portrait qui lui est consacré, publié par La Gazette le 18 janvier 2016, il est rappelé ses prises de position pour la disparition des départements au profit d’une fédération d’intercommunalités. Les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre devenant des  communautés territoriales de plein exercice, élues au suffrage universel direct.

 

Concernant la disparition du Sénat sous sa forme actuelle, sa position se rapproche  des déclarations du président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone  pour la fusion du Sénat et du Conseil Economique Social et Environnemental. (Question déjà soumise à référendum par le  général de Gaulle en 1969).

 

Autant de pistes ouvertes vers des réformes structurelles qui devraient aller vers la réduction des dépenses publiques à condition que les élus en place ne s’y opposent pas et que la volonté politique soit au rendez-vous.

Les doutes et les interrogations d’un citoyen.

«Il m’arrive de plus en plus souvent d’être tenté par l’abstention  lors des prochaines élections municipales. Cette perspective est le résultat d’une accumulation de situations dans lesquelles le citoyen que je suis ne compte pas dans les décisions que ma municipalité est appelée à prendre.

 

Par exemple, lorsqu’elle décida  de rejoindre une communauté de communes, aucune consultation des administrés ou réunion d’information n’a été organisée. Une telle attitude aurait pourtant permis au citoyen de percevoir et de comprendre les enjeux de ce projet avant qu’il ne devienne définitif : ses avantages, ses inconvénients, ce qui allait changer concrètement, l'impact sur les finances de la communes, sur la fiscalité locale…

Le citoyen aurait ainsi  pu donner son avis alors qu’à contrario, il lui  était demandé d’observer passivement un implicite et expéditif «passez, il n’y a rien à voir.»

 

Même comportement hélas lors des opérations de contrôle des installations d’assainissement non collectif. Les habitants concernés, dont je suis, ont été prévenus par un courrier de type administratif par les services de la communauté de communes de rattachement.  

Pourtant, dans le même temps, certaines communes voisines faisant partie de la même intercommunalité et à l’initiative de leur municipalité ont organisé une réunion publique d’information pour les personnes concernées.

Rien de tel dans ma commune. Pourquoi?

 

Comment a été élaboré le plan d’assainissement dont je dépend ? Sur quels critères ? Combien d’habitations n’y ont pas accès ? Quel sera le coût des remises aux normes à la charge des habitants ? Autant de questions que j’aurai souhaité poser pour  en débattre collectivement.

J’ai lu récemment une phrase de LoÏc  Blondiaux «En pariant sur l’infantilisation des citoyens, on contribue à affaiblir les institutions dans leur ensemble.»

 

Qu’en pensez-vous ?

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